Un ami m'a remis, il y a quelques jours, un petit livre dédicacé, très émouvant, qu'il a écrit, je pense, pour "exorciser" ( mais cela est-il réellement possible...? ), mais aussi, pour que ses enfants et petits enfants se souviennent de cette période sombre de son enfance, son départ, avec sa famille, en juin 1962, de l'Algérie "Française".
Comme de nombreux "Pieds Noirs" c'est ainsi qu'ils furent appelés lors de leur retour en Métropole, il a laissé "la bas........." une partie indélébile de sa vie. Pour un enfant de neuf ans, l' Exil c'est l'Abandon .... Abandon de sa maison, de ses amis, de son village, de sa vie d'enfant tout simplement.
Rien ne peut effacer le souvenir de notre enfance. Heureux ou malheureux ces lointains moments vivent à jamais en nous, nul ne peut s'en départir, gravés au fond de notre mémoire, ils ont participé, à juste titre, à ce que nous sommes aujourd'hui.
Je cite " 1961, 1962, Sidi Moussa, Cernex, l'Algérie, la France ........ Déjà l'évocation de ces noms emportés par le vent de la discorde d'alors, projette la vie d'avant vers la vie d'après.... Rien ne sera pareil, un monde nouveau se profile, sera-t-il meilleur ?
qui le sait au moment précis du départ, qui peut dire avec certitude de quoi sera fait demain, quand on emporte dans ses valises que le strict minimum, et que dans sa tête fourmillent mille souvenirs, mille regrets.
Cet ouvrage emprunt de nostalgie, d'une rare intensité évoque avec émotion, la vie tranquille d'une famille en vacances en Haute Savoie, avec déjà en arrière plan, comme le silence qui précède l'orage, une imperceptible inquiétude.
Puis, racontée avec infiniment de justesse, la réalité de ces journées qui ont précédé le terrible exode. Après la souffrance du déracinement, l'espoir........L'espoir d'une nouvelle existence, conquise à la force du poignet, sans relâche, avec détermination, est finalement acquise.
Ce vibrant témoignage vu par les yeux d'un enfant de neuf ans et écrit par l'adulte qu'il est devenu, nous incite à une certaine humilité devant le destin, et à une réflexion philosophique, sur la vie, la mort, la guerre et ses atrocités, la paix et le bonheur auxquels chaque homme a droit.
Malgré cette existence bouleversée, mon ami a su tirer de ses souvenirs cachés au fond de sa mémoire, une merveilleuse page d'écriture d'où se dégage, au-delà de l'écrit une extrême sensibilité, plus que de la sincérité, une sérénité que seuls les petits enfants ont au fond de leur coeur.
Merci Monsieur Christian BOLUFER pour ces purs moments de lecture.
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